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Dans cette petite étude statistique, nous apportons des éléments de réponse à la question suivante :

 

les temps de pleine lune sont-ils des facteurs

 augmentant le nombre de naissance ?

 


Par commodité, est appelé cycle menstruel la période qui s'écoule du premier jour des règles au premier jour des règles suivantes. Un cycle menstruel humain dure environ vingt-huit jours en moyenne. Sous une appellation banale se cache en réalité l'un des mécanismes biologiques les plus complexes, les plus précis et les plus élaborés du vivant. En dehors de l'espèce humaine, le cycle menstruel existe seulement chez quelques primates supérieurs (orang-outan, chimpanzé, gorille) 


Encyclopædia Universalis 2004

 

      La synchronicité existant entre la durée du cycle soli-lunaire et celle des menstrues féminines, ouvre une porte de réflexion intéressante sur le rôle de la Lune dans les fonctions féminines.

        Si l'ensemble de la population féminine était calée sur le rythme lunaire, toutes les femmes de la terre auraient leurs règles au même moment, c'est à dire au temps de la pleine lune(*), indicatrice d'un processus de croissance parvenu à son terme. Si tel était le cas, cela se saurait !

        La synchronicité de rythme temporel entre ces deux processus, l'un céleste et l'autre terrestre, n'implique pas, de nos jours en tout cas, une relation de dépendance entre les deux : chaque femme a ses règles à un moment du mois lunaire qui lui est propre, et qui varie en fonction de nombreux facteurs, dont celui des stress émotionnels (**), capables de précipiter le déclenchement des règles.

        Cette autonomie de la créature face à son archétype céleste, peut s'interpréter comme la marque d'un processus d'individualisation s'accomplissant sur un plan biologique, et dont on peut présumer qu'il s'accompagne des mêmes effets sur un plan psychique.

        Comme quoi, l'influence du milieu cosmique cède le pas aux influences environnantes plus proches de nous, le microcosmos humain ne gardant du macrocosmos, qu'un lien symbolique constitué d'une unité de temps semblable (le mois)

        Lorsque l'ovule est fécondé, l'organisme va conserver le sang pour l'élaboration du placenta destiné à nourrir le futur fœtus. Neuf lunaisons seront nécessaires pour amener à maturité celui-ci, et visuellement cette croissance se traduira par la forme sphérique du ventre de la femme. 

        L'analogie s'est naturellement établie entre la Lune pleine, toute ronde, et le moment de maturité du fœtus. Avec les 28 ou 29 jours du cycle menstruel moyen, nous avions établi un parallèle avec la durée de la lunaison. Ici nous basculons dans une correspondance différente ; le temps de gestation se mesure en  lunaisons, neuf pour l'espèce humaine, qui nous invite à voir dans un être humain, neuf mesures de base, toutes marquées par les 9 lunaisons correspondant à la durée de sa gestation.

        Il y a là, matière à des développements ultérieurs, mais notre objectif dans ce présent article est de vérifier statistiquement, si la croyance populaire affirmant qu'il y a plus de naissances au moment des pleines lunes, est fondée.

        Pour procéder à cette vérification, nous avons retenu une base de données de naissance de 26058 célébrités dont on trouvera la source en cliquant ici, Cette base représente un échantillon intéressant permettant d'effectuer un premier test statistique.

 

  

Voici les répartitions obtenues, comparées à celles résultant d'un glissement aléatoire.

 

DISTANCE ANGULAIRE SOLEIL - LUNE en longitude pour 26058 célébrités, avec en deuxième ligne, les résultats d'un glissement aléatoire sur la même population.

[150] 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 Résultat pour les 15° précédent l'opposition des luminaires
Trouvé 49 76 67 78 53 75 78 75 73 67 63 87 98 78 77
Glissement aléatoire 63 65 71 78 66 70 80 84 83 79 63 74 70 68 85
% 1,29 0,86 1,06 1 1,25 0,93 1,03 1,12 1,14 1,18 1 0,85 0,71 0,87 1,1
[180] 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 Résultat pour les 15° suivant l'opposition des luminaires
Trouvé 83 79 68 74 89 87 71 67 45 70 80 67 76 74 79
Glissement aléatoire 63 62 77 60 81 72 62 78 81 62 75 82 85 64 79
% 0,76 0,78 1,13 0,81 0,91 0,83 0,87 1,16 1,8 0,89 0,94 1,22 1,12 0,86 1
                                 
La distance angulaire Soleil Lune qui engendre le plus de naissance est comprise entre 177° et 187°, soit 4° avant l'opposition et 7° après
[150] 27 28 29 30 [180] 1 2 3 4 5 6 7 Total Test unilatéral

p = 0.001783

En-dessous du seuil de 1%    SIGNIFICATIF
Trouvé 87 98 78 77   83 79 68 74 89 87 71 891
Glissement aléatoire 74 70 68 85   63 62 77 60 81 72 62 774
% 0,85 0,71 0,87 1,1   0,76 0,78 1,13 0,81 0,91 0,83 0,87 0,8687
Nota : 181° correspond à la zone s'étendant de 180° (opposition exacte) à 180° 59' 59""

 

En retenant les 4° avant l'opposition et les 7° après, nous obtenons un surplus de 117 naissances, un résultat qui a de bonnes chances d'être significatif.

Le résultat de 891 naissances, comparé à une fréquence théorique établie à partir de la règle de trois suivante : 26058/360*11 donne 891/795, soit 96 naissances en plus : p= 0.008750, significatif aussi

 

Ce test tend à confirmer la croyance populaire affirmant qu'il y a plus de naissances au moment de la pleine lune. Il précise aussi la zone concernée, plus étendue après l'opposition qu'avant, ce qui n'est pas pour surprendre. Des résultats similaires obtenus dans un autre test de même ampleur, mais concernant des naissances "ordinaires", apporteraient un plus grand degré de certitude.

 

Pierre Cornuez

 

(*) ou de la nouvelle lune. En effet, il est possible de considérer que ce qui est parvenu au terme de sa croissance au moment de la pleine lune, est l'ovule. Dans ce cas, le temps des règles féminines correspondrait à celui de la nouvelle lune.

(**) beaucoup de facteurs liés à l'environnement (stress, longs voyages, rythme de vie), de multiples causes médicales ou des facteurs iatrogènes (d'origine médicamenteuse) peuvent perturber un déroulement normal du cycle menstruel.